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13 mars 2010, par Rodolphe Christin
Simone Dumenclin, il faut le dire, se félicitait de n’avoir pas demandé le divorce et d’avoir conservé son statut. Divorcer, elle y avait déjà songé à plusieurs reprises, mais ne l’avait jamais avoué à quiconque. Elle était donc, d’une certaine façon, bénéficiaire par alliance des chaudières et des bois Dumenclin s’il arrivait quelque chose à son mari. Avec le temps, les qualités de celui-ci (…)
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19 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Contrairement à ce qu’affirme le dicton, la nature n’a pas horreur du vide ; c’est l’homme de l’hypermodernité qui ne le supporte pas, dans le même temps qu’il se supporte plus lui-même. Plus loin il va s’oublier, plus il sème partout des signes, et moins il parvient à sortir de ses propres traces. Alors les publicitaires et la communication lui soufflent le culte de la nouveauté, des (…)
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23 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Tout cet espace autour. Le regard court sur le plateau, caresse les pins cembro tordus par le climat puis devine l’au-delà du rebord. Le vide est beau. Seul le vide mérite qu’on lui prête attention, qu’on s’y disperse avec philosophie. Pourquoi sommes-nous attachés à nos corps, pourquoi les peaufinons-nous avec autant d’ardeur ? C’est autour que demeure l’important. Dans l’espace se déploie (…)
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6 septembre 2009, par Rodolphe Christin
Tout commence par le paradoxe de l’étendue désertique qui sans toi, qui que tu sois, ne parlerait jamais à personne car le désert est par endroits la matière première de sa formulation en signes de quoi ? - en signes de vie comme la brindille poussée de travers sur le sable en dessins pentus et obliques
Un itinéraire, le pas, le verbe, l’écriture et l’empreinte, traces, on suit sur (…)
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23 janvier 2010, par Rodolphe Christin
Trois.
Pour certains Mathilde s’appelait Clara. Pour d’autres Mathilde convenait mieux. Clara était cette femme remarquable et sexy sur laquelle les hommes se retournaient. Elle jouait de l’atout de sa beauté ; depuis qu’elle était veuve elle n’hésitait plus à la mettre en valeur. Son vrai nom était Mathilde, il couronnait sa personnalité mais celui-ci ne lui rapportait rien. Mathilde était (…)
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6 juillet 2009, par Rodolphe Christin
VOYAGER VRAIMENT. En ses tréfonds, le voyage ne serait pas une pratique anodine mais un mouvement qui engage l’être dans son intégralité. L’horizon du voyage n’est pas d’une solidité objective, il prend une consistance essentiellement symbolique, nourrie d’un rapport au réel revisité qui sollicite l’imaginaire. D’où l’étroitesse de la relation que le voyage entretient avec l’expérience et qui (…)
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21 janvier 2011, par Rodolphe Christin
FORET 0
Le feu craquait, nourri de résines gluantes. Ses doigts en portaient la trace indélébile depuis qu’il vivait dehors.
Elle se tenait accroupie près du brasier, elle aussi. Elle venait d’ajuster une perche, appuyée sur un galet emprunté à la berge, son extrémité glissée sous une autre roche servait de contrepoids. A l’autre extrémité, une bouilloire noire de suie, le cul dans les (…)
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6 mars 2010, par Rodolphe Christin
Le soleil tapait sur sa joue droite. De lisse et confortable, la route était devenue chaotique. Les yeux fermés par le foulard qui enserrait sa tête, Hector Dumenclin transformait chaque sensation en information, dans l’espoir que sa mémoire noterait les détails de l’itinéraire. S’il se fiait à certains films qu’il avait vus, cela pouvait s’avérer utile. Il s’efforçait de cultiver cette (…)
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10 avril 2010, par Rodolphe Christin
Simone Dumenclin vivait à proximité de son calendrier. La première chose qu’elle faisait en se levant, c’était d’aller vérifier la date du jour. Elle l’auscultait avec nervosité, y revenait même plusieurs fois dans la journée, songeuse. La date du 13 juin figurait cerclée de rouge. Il était troublant de songer que cette date fatidique pouvait passer, aux yeux d’un étranger qui aurait aperçu la (…)
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15 mai 2010, par Rodolphe Christin
Et après ? Que feraient-ils une fois l’argent empoché ? Aucun des deux n’avait la force de parler tant la pente réclamait tout leur souffle, mais chacun cherchait à évaluer ce futur qui tournait, incertain, dans leur tête. Il était de bonne heure le matin, le soleil n’avait pas encore franchi l’épaule ouest du Pic de l’Etincelle. Une légère buée sortait de leurs bouches, ouverte par (…)