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15 janvier 2023, par Yann Leblanc
. . Hydratmos : le cor vaporeux d’Elena Kakaliagou ☐ Ce qui émerge du silence provient-il du dedans, ou du dehors ? Cette voix, est-elle absorbée ou expulsée par le souffle ? Inspirations ou expirations ? Les sons émis, distordus, semblent eux-mêmes triturer les plis et les replis du corps, comme si toute la tuyauterie intérieure était parcourue d’un étrange désir (…)
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1er mai 2022, par Yann Leblanc
BUÉE Je tourne la clef de contact, le moteur démarre. Je sors de ma place et commence à rouler, machinalement, en direction du travail. Après une cinquantaine de mètres, une buée se forme sur le pare-brise. Comme un mal qui prolifère à toute allure, elle en recouvre la surface. Les contours du dehors s’estompent. Voitures, immeubles, passants se désagrègent. Je tourne à fond le bouton de (…)
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24 mai, par Yann Leblanc
Faire un pas de côté, s’éloigner des avenues et grands boulevards. Ce n’est pas dans les artères des villes que coule leur substance vitale, mais dans les petites ruelles, les quartiers reculés. Le cœur est en périphérie, pas dans les centres aseptisés faisant office de vitrines. Ici la petite maison où la dame est en train de monter, par un escalier extérieur (presque une échelle !), me fait (…)
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12 janvier 2022, par Yann Leblanc
SANS FIN Ce matin là, Jean-Philippe Fichet sortit de chez lui avec un léger retard sur son horaire habituel. Il s’élança dans la cage d’escalier de l’immeuble à vive allure. Les marches n’en finissaient plus de descendre, tourner, descendre, tourner tant et plus, si bien qu’il eut un instant comme un vertige. Y avait-il vraiment, d’ordinaire, autant d’étages et de marches ? Les paliers (…)
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3 juillet 2023, par Yann Leblanc
Ne me guéris jamais Un fim de David Yon ★ Tout bouge, tout passe, rien n’est acquis. Il ne subsistera de nous, tout au plus, que quelques traces en sursis. Un petit carton de souvenirs et de lettres qui aura survécu aux déménagements, aux séparations et aux voyages, quelques photos déjà jaunies... des films de famille aux images chevrotantes, restituant le présent d’instants (…)
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17 janvier, par Yann Leblanc
L’effet est immédiat, dès les premières secondes. L’intériorité et le dehors, l’enclos et l’ouvert, le proche et le distant coexistent dans l’écoute, aussi indissociablement entrelacés que le son et sa résonance. Les temporalités se confondent. Lente évolution et révolution d’un motif de tierces mineures justes, que la résonance du lieu métamorphose en grande ritournelle.
Mattie Barbier a (…)
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8 octobre 2025, par Yann Leblanc
La scène qui me vient en cet instant s’est probablement répétée à plusieurs reprises. Un début d’après-midi, après le repas. La chaleur cogne aux volets clos de la bâtisse. A l’intérieur c’est la pénombre, le souffle ample de la sieste dans les fauteuils du salon. Dehors dans le jardin, en contrebas de la grande terrasse, joue un enfant solitaire. Il se tient à côté de la source, à l’ombre du (…)
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27 juin, par Yann Leblanc
Une étendue d’eau sous le soleil printanier. Scintillements dorés, clapotements paisibles sur les berges ombragées, couvertes de mousse. Frémissements dans les feuillages et à la surface, ondes animales. Puis le son nous entraîne sous l’eau : algues qui se balancent, mouvements des poissons, accélérations et ralentissements fulgurants, vives impulsions de nageoires. Pierres et limon volatil au (…)
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27 mai 2025, par Yann Leblanc
Le son à vif
La musique de Ni Zheng ★ Car le cri, organiquement, et le souffle qui l’accompagne ont ce pouvoir d’exhausser le corps, de l’emmener à cet état d’animation, de fulguration de ses parois internes, d’ébullition vraie de ses puissances, de ses facultés et de ses voix, qui […] exige une dépense insensée de volonté et de sensibilité. Ces cris étirés jusqu’à plus (…)
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30 août 2024, par Yann Leblanc
Fragment d’un journal du dehors — 5/7 J’ai pris un chemin de traverse, remonté un petit torrent sur le côté, loin du chemin balisé, et me suis retrouvé devant l’une des plus belles chutes d’eau qu’il m’ait été donné de voir. Une succession de cascades et de vasques remontant jusqu’au ciel. L’eau n’y tombe pas brusquement, elle s’écoule dans un murmure le long de la pierre, sans (…)