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25 mai 2006, par Rodolphe Christin
Matthieu ne peut pas passer inaperçu. De très loin on sait que c’est lui, ce ne peut être que lui. Quarante-cinq ans, français comme lui. Le crâne rasé avec seulement une touffe de cheveux verts, survivants d’une catastrophe froidement programmée. Un bouc de la même couleur couvre son menton, rond comme un galet. Les ongles peints en noir, des bagues à tous les doigts et l’une d’entre elles, (…)
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6 juillet 2009, par Rodolphe Christin
VOYAGER VRAIMENT. En ses tréfonds, le voyage ne serait pas une pratique anodine mais un mouvement qui engage l’être dans son intégralité. L’horizon du voyage n’est pas d’une solidité objective, il prend une consistance essentiellement symbolique, nourrie d’un rapport au réel revisité qui sollicite l’imaginaire. D’où l’étroitesse de la relation que le voyage entretient avec l’expérience et qui (…)
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22 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Extrait du livre paru en 2010 aux Éditions Yago.
En Mongolie, peut-être trouverais-je quelques signes d’appartenance traces fugaces que le vent de la modernité n’aurait pas encore effacées. Vite, faire vite.
Le sens de mon voyage ? Me rendre face au monde et me fondre dans ses lointains, me recréer dans ses isolements, intégrer ce point crucial où l’intérieur et l’extérieur sont en (…)
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6 septembre 2009, par Rodolphe Christin
Sans que cela soit volontaire, des souvenirs remontent à la surface alors que personne n’est allé les chercher. Chacun porte en lui des fonds gigantesques dont il ne soupçonne pas l’importance, il suffit alors d’une image ou d’un parfum, d’une expression fugace sur un visage pour que viennent s’y associer, avec plus ou moins de bonheur, les lambeaux d’un passé qui jusque là demeurait (…)
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7 avril 2022, par Rodolphe Christin
S’en aller avec Kerouac, et risquer l’abordage d’horizons imprévus sur une vieille terre d’Amérique bousculée dans ses repères car traversée comme jamais. Vue, vécue, elle tremble, vacille, dépasse les bornes, dérangée par le rythme des voyages intérieurs, extérieurs. L’horizon qui appelle se rapproche ensuite, prend consistance grâce au voyage, devient palpable pour l’expérience avide de le (…)
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23 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Tout cet espace autour. Le regard court sur le plateau, caresse les pins cembro tordus par le climat puis devine l’au-delà du rebord. Le vide est beau. Seul le vide mérite qu’on lui prête attention, qu’on s’y disperse avec philosophie. Pourquoi sommes-nous attachés à nos corps, pourquoi les peaufinons-nous avec autant d’ardeur ? C’est autour que demeure l’important. Dans l’espace se déploie (…)
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15 mai 2010, par Rodolphe Christin
Et après ? Que feraient-ils une fois l’argent empoché ? Aucun des deux n’avait la force de parler tant la pente réclamait tout leur souffle, mais chacun cherchait à évaluer ce futur qui tournait, incertain, dans leur tête. Il était de bonne heure le matin, le soleil n’avait pas encore franchi l’épaule ouest du Pic de l’Etincelle. Une légère buée sortait de leurs bouches, ouverte par (…)
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30 mars 2022, par Rodolphe Christin
Où l’on propose au lecteur de suivre une ligne de vie amoureuse des forêts, des broussailles et des rivières. Henry David Thoreau (1817-1862) montre le chemin des bois, pensant trouver dans ces marges de quoi changer la vie. Chercheur atypique, il se met à l’écoute de la polyphonie du monde, voit dans le vol du pivert et le coassement de la grenouille la source d’une possible régénération de (…)
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20 janvier 2011, par Rodolphe Christin
Extrait du livre paru chez Homnisphères en 2005.
Voyager. Se dégager pour s’approcher, se défaire de soi-même pour essayer de comprendre, et connaître enfin. En quête d’univers, celui qui voyage pour sentir son rapport au monde se modifier, au contact de la grandeur de la terre et de la diversité des hommes. D’emblée l’imaginaire s’emballe tant l’affaire peut se montrer passionnante. Mais (…)
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23 janvier 2010, par Rodolphe Christin
Trois.
Pour certains Mathilde s’appelait Clara. Pour d’autres Mathilde convenait mieux. Clara était cette femme remarquable et sexy sur laquelle les hommes se retournaient. Elle jouait de l’atout de sa beauté ; depuis qu’elle était veuve elle n’hésitait plus à la mettre en valeur. Son vrai nom était Mathilde, il couronnait sa personnalité mais celui-ci ne lui rapportait rien. Mathilde était (…)